
Plusieurs lycées de l’académie fonctionnent en mode dégradé depuis la reprise du 5 janvier en raison de systèmes de chauffage défectueux, gelés ou rencontrant de nombreuses difficultés dues au froid de la dernière semaine. Ainsi, les élèves du lycée Jean Zay de Thiers ont été renvoyés chez eux lundi, les problèmes de chauffage n’ayant toujours pas été résolus. Les élèves internes filles du lycée professionnel Gergovie hébergées au lycée Roger Claustres ont été renvoyées chez elles pour les mêmes motifs (pas de chauffage, pas d’eau chaude). On peut ici s’interroger sur la pertinence de ne pas avoir construit un internat dans un lycée neuf accueillant plus de 200 internes. Nous sommes alertés également sur la situation du lycée Valéry Larbaud à Cusset où les cours sont suspendus du mercredi 7 au vendredi 9 janvier et où les élèves ont été encouragé·es à regagner leur foyer mardi 6 janvier après les cours. Nous savons par ailleurs, au regard des fiches SST rédigées par plusieurs collègues de ces établissements, que le lycée Pierre Joël Bonté à Riom et le lycée Blaise Pascal à Ambert rencontrent aussi des problèmes de cet ordre.
Nous alertons régulièrement les autorités académiques sur la vétusté de certaines installations et le manque de moyens attribués aux établissements pour faire face à l’augmentation du prix des matières énergétiques.
La FSU Aura (Auvergne-Rhône-Alpes) a par ailleurs axé son intervention sur ces questions lors de la Formation spécialisée du CSA spécial de région académique qui s’est tenue à Lyon le 28 novembre dernier. Lire déclaration FSU AURA
Le SNUEP-FSUClermont ainsi que le SNES-FSU Clermont se tiennent aux côtés des personnels pour les informer sur leurs droits (voir ci-dessous), relayer leurs actions et les accompagner au plus près de leurs sollicitations.
Si vous avez des informations ou si vous rencontrez des problèmes de chauffage dans votre établissement, contactez au plus vite la section académique du SNES-FSU ou du SNUEP-FSU !
Dans un contexte où la question énergétique devient de plus en plus aiguë, où en est-on des investissements en matière d’isolation des bâtiments scolaires ? Quels droits faire valoir en cas de vague de froid et de températures trop basses dans les établissements ? Le SNES-FSU et le SNUEP-FSU font le point :
Confort thermique d’hiver et droits des personnels
La loi ne protège pas suffisamment les personnels et usagers, puisqu’elle n’établit pas de températures minimales dans les salles de classe (de manière générale, il n’existe pas de réglementation définissant une température minimale ou maximale légale sur le lieu de travail, en dessous ou au-dessus de laquelle un salarié ne pourrait pas travailler). Néanmoins, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), reprenant la Norme NF EN ISO 7730, un environnement de travail est considéré comme trop froid à partir d’une température de l’air inférieure à 18°C.
Comment agir ?
Pour agir en cas de températures basses, saisissez votre F3SCT départementale ou académique. Remplissez le registre santé et sécurité au travail qui permet de garder une trace des manques mais aussi des possibilités d’amélioration des conditions de travail en situation de températures trop hautes ou trop basses. Vous pouvez proposez des vœux, questions au conseil d’administrations ou des lettres à la collectivité territoriale.
Transports et déplacements
L’employeur étant responsable de la sécurité des personnels, le ministère devrait donner des consignes claires et uniformes aux académies pour cadrer les situations de force majeure. En l’état actuel, en cas de vigilance orange neige, les actions menées à l’initiative des directions d’établissements sont variables, peu coordonnées et occasionnent parfois des difficultés supplémentaires pour les personnels.
Ces épisodes occasionnent des difficultés récurrentes sans que ce sujet soit globalement pris en compte par l’Éducation nationale. Des directives ministérielles, en s’appuyant sur des principes de prévention collectifs, devraient a minima rappeler :
– aux personnels la nécessité de ne prendre aucun risque si les conditions ne leur permettent pas de se déplacer.
– aux directions d’établissement, que les cours annulés en cas de force majeure ne doivent pas être considérées comme des absences personnelles devant donner lieu à des rattrapages ou à des retraits sur salaire, ainsi que le principe d’un temps de préparation nécessaire à la mise en œuvre de cours à distance.
– aux rectorats, la responsabilité de diffuser des consignes de prévention à l’ensemble des personnels en cas de situation de force majeure.
Des annonces insuffisantes
Le gouvernement affiche des objectifs ambitieux en termes de rénovation thermique et se veut exemplaire dans son action sur le parc public. Le décret « bâtiment tertiaire » du 23 juillet 2019, fixe comme objectif la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments tertiaires de plus de 1000 m2, donc la majorité des collèges et des lycées, à hauteur de 40 % avant 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Selon le Plan bâtiment durable et plusieurs rapports parlementaires, il faudrait investir a minima entre 5 Mds€ par an pendant 10 ans à destination des établissements scolaires, soit 50 Mds€, pour réaliser les objectifs de baisse de 40% des émissions en 2030.
Le SNES-FSU et le SNUEP-FSU demande un bilan thermique exhaustif des établissements scolaires et des CIO, ainsi que prévu par le Plan climat de 2017 et le décret « bâtiment tertaire », ainsi qu’une planification des rénovations à mener, assortie du budget afférent.
Mobilisations du SNUEP-FSU, du SNES-FSU et de l’Alliance écologique et sociale (AES)
En pleine accélération du changement climatique, les établissements scolaires français se révèlent dramatiquement inadaptés aux vagues de chaleur, au froid hivernal ou encore aux enjeux sanitaires liés à la qualité de l’air intérieur. C’est le constat sans appel dressé par le rapport « L’école bien dans ses murs », rendu public en septembre 2025 par l’Alliance écologique et sociale (AES), qui réunit syndicats et associations (FSU, Sud Éducation, CGT Éduc’action, Greenpeace, Oxfam, Les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne).
Les discussions budgétaires vont reprendre en janvier 2026. Dans le projet initial du gouvernement Lecornu, la rénovation du bâti scolaire se trouvait une fois encore victime des coupes prévues pour le Fonds vert : après une baisse de 54 % l’année dernière, les autorisations d’engagement de cette enveloppe indispensable pour la mise en œuvre de la transition écologique sur les territoires chutaient à 650 millions d’euros pour 2026 – alors que le Fonds vert était encore doté de 2,5 milliards d’euros en 2024. Déjà aujourd’hui, les bâtiments scolaires subissent des manques d’investissement chroniques, alors que d’ici 2030, près de 10 millions d’élèves vont être exposés à des épisodes de fortes chaleurs, de 2 à 5 fois plus souvent que pendant la période 1976-2005.
En 2026, poursuivons le travail d’information et de mobilisations pour une autre répartition des richesses et un budget de justice fiscale, sociale et environnementale !
